De Natura libris - Le Blog

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mardi 26 janvier 2016

Le Web du Bibliophile et de l'amateur de livres anciens

Je réactive ce blog pour vous présenter un nouvel outil que j'avais commencé à développer pour moi mais qui devrait je pense intéresser du monde chez les amateurs de livres anciens. Il s'agit d'un tableau de bord Netvibes dédié à la bibliophilie, pour ceux qui ne connaissent pas Netvibes est un agrégateur, en résumé il permet d'avoir sur la même page toutes les nouveautés des sites, blogs que vous avez l'habitude de suivre. Il permet également de partager ses pages favorites. Le plus simple est encore d'aller directement sur la page en question :

http://www.netvibes.com/Bibliophilie


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Sur cette page vous trouverez regroupé les principaux site et outils nécessaires aux amateurs de livres anciens. Pour le moment le tableau de bord est divisé en 9 onlgets :


- Accueil & Actualités : avec les infos du moment sur les livres anciens parues dans Google news

- Blogs : Les flux rss de vos blogs préférés (si je vous ai oublié faites moi signe !)

- Connaissance et entretien du livre ancien : Le coin parfait pour le collectionneur débutant

- Bibliographies : Les liens vers les bibliographies les plus usités (Brunet, Vicaire, Barbier, Caillet....)

- Ressources : Pour compléter l'onglet bibliographie, worldcat, archive.org...

- Librairies : Moteurs de recherche vous conduisant vers un professionnel du livre, liens vers quelques librairies (si je vous ai oublié faites moi signe !)

- Ebay : Des outils pour optimiser vos achats, les enchères se finissant, un auction sniper, des méthodes de recherches alternatives

- Vidéos : Les meilleurs vidéos Youtube sur le sujet

- Photos : Pour le régal des yeux


Le tout est évolutif, n'hésitez pas à me faire part de vos suggestions et commentaires : contact@naturalibris.fr

mercredi 18 novembre 2015

Le Fanatisme

« Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère. Celui qui a des extases, des visions, qui prend ses songes pour des réalités, et ses imaginations pour des prophéties, est un fanatique novice qui donne de grandes espérances ; il pourra bientôt tuer pour l’amour de Dieu.

Barthélemy Diaz fut un fanatique profès. Il avait à Nuremberg un frère, Jean Diaz, qui n’était encore qu’enthousiaste luthérien, vivement convaincu que le pape est l’Antéchrist, ayant le signe de la bête. Barthélemy, encore plus vivement persuadé que le pape est Dieu en terre, part de Rome pour aller convertir ou tuer son frère : il l’assassine ; voilà du parfait : et nous avons ailleurs rendu justice à ce Diaz.

Polyeucte, qui va au temple, dans un jour de solennité, renverser et casser les statues et les ornements, est un fanatique moins horrible que Diaz, mais non moins sot. Les assassins du duc François de Guise, de Guillaume prince d’Orange, du roi Henri III, du roi Henri IV, et de tant d’autres, étaient des énergumènes malades de la même rage que Diaz.

Le plus grand exemple de fanatisme est celui des bourgeois de Paris qui coururent assassiner, égorger, jeter par les fenêtres, mettre en pièces, la nuit de la Saint-Barthélemy, leurs concitoyens qui n’allaient point à la messe. Guyon, Patouillet, Chaudon, Nonotte, l’ex-jésuite Paulian, ne sont que des fanatiques du coin de la rue, des misérables à qui on ne prend pas garde : mais un jour de Saint-Barthélemy ils feraient de grandes choses.

Il y a des fanatiques de sang-froid : ce sont les juges qui condamnent à la mort ceux qui n’ont d’autre crime que de ne pas penser comme eux ; et ces juges-là sont d’autant plus coupables, d’autant plus dignes de l’exécration du genre humain, que, n’étant pas dans un accès de fureur comme les Clément, les Chastel, les Ravaillac, les Damiens, il semble qu’ils pourraient écouter la raison.

Il n’est d’autre remède à cette maladie épidémique que l’esprit philosophique, qui, répandu de proche en proche, adoucit enfin les mœurs des hommes, et qui prévient les accès du mal ; car dès que ce mal fait des progrès, il faut fuir et attendre que l’air soit purifié. Les lois et la religion ne suffisent pas contre la peste des âmes ; la religion, loin d’être pour elles un aliment salutaire, se tourne en poison dans les cerveaux infectés. Ces misérables ont sans cesse présent à l’esprit l’exemple d’Aod qui assassine le roi Églon ; de Judith qui coupe la tête d’Holopherne en couchant avec lui ; de Samuel qui hache en morceaux le roi Agag ; du prêtre Joad qui assassine sa reine à la porte aux chevaux, etc. Ils ne voient pas que ces exemples, qui sont respectables dans l’Antiquité, sont abominables dans le temps présent : ils puisent leurs fureurs dans la religion même qui les condamne.

Les lois sont encore très impuissantes contre ces accès de rage : c’est comme si vous lisiez un arrêt du conseil à un frénétique. Ces gens-là sont persuadés que l’esprit saint qui les pénètre est au-dessus des lois, que leur enthousiasme est la seule loi qu’ils doivent entendre.

Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?

Lorsqu’une fois le fanatisme a gangrené un cerveau, la maladie est presque incurable. J’ai vu des convulsionnaires qui, en parlant des miracles de saint Pâris, s’échauffaient par degrés parmi eux : leurs yeux s’enflammaient, tout leur corps tremblait, la fureur défigurait leur visage, et ils auraient tué quiconque les eût contredits.

Oui, je les ai vus ces convulsionnaires, je les ai vus tendre leurs membres et écumer. Ils criaient : « Il faut du sang. » Ils sont parvenus à faire assassiner leur roi par un laquais, et ils ont fini par ne crier que contre les philosophes.

Ce sont presque toujours les fripons qui conduisent les fanatiques, et qui mettent le poignard entre leurs mains ; ils ressemblent à ce Vieux de la montagne qui faisait, dit-on, goûter les joies du paradis à des imbéciles, et qui leur promettait une éternité de ces plaisirs dont il leur avait donné un avant-goût, à condition qu’ils iraient assassiner tous ceux qu’il leur nommerait. Il n’y a eu qu’une seule religion dans le monde qui n’ait pas été souillée par le fanatisme, c’est celle des lettrés de la Chine. Les sectes des philosophes étaient non seulement exemptes de cette peste, mais elles en étaient le remède ; car l’effet de la philosophie est de rendre l’âme tranquille, et le fanatisme est incompatible avec la tranquillité. Si notre sainte religion a été si souvent corrompue par cette fureur infernale, c’est à la folie des hommes qu’il faut s’en prendre. »

__ Voltaire, Dictionnaire philosophique portatif, 1764__

jeudi 14 mai 2015

APPEL A SOUSCRIPTION : DEMONS, une iconographie démoniaque de Louis Breton

Cela n'a jamais été le cas sur ce blog mais je m'autorise à faire un peu d'autopromotion pour le lancement d'un projet inédit pour moi.

La librairie De Natura Libris dans sa collection Les Portes Sombres vous propose à souscription une réédition de luxe de la suite de gravures créée par Louis Breton en 1863 pour illustrer la 6ème et dernière édition du Dictionnaire infernal de Collin de Plancy.

Inspiré par les descriptions des démons données par Wierus dans sa Pseudomonarchia Daemonum, Louis Breton nous livre une iconographie démoniaque qui reste, 150ans plus tard, une référence. Parfois fantasques, parfois inquiétants, ces dessins qui furent gravées sur bois par Jarrault frappent l'imaginaire.

Nous avons rassemblé ici les 69 gravures parues dans le Dictionnaire infernal, reproduites, agrandies et retravaillées numériquement pour en donner une réédition permettant de profiter au mieux du trait de Breton et Jarrault. Chaque dessin sera accompagné d'un court texte tiré des articles de Collin de Plancy. Un soin particulier sera apporté à l'impression afin de combler les bibliophiles.
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Cette édition sera strictement limitée à un tirage papier de 72 exemplaires

- 2 exemplaires hors commerce (marqués H.C.)

- 10 exemplaires sur vélin d'Arches numérotés de 1 à 10

- 60 exemplaires sur vergé blanc numérotés de 11 à 70

L'impression sera réalisée par l'imprimeur d'art Henry des Abbayes. La livraison chez vous est prévu courant septembre 2015

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Comment souscrire ?

- En nous renvoyant le bulletin de souscription dans le fichier pdf ci-dessous, dûment rempli, accompagné de votre règlement par chèque

- En finançant le projet via la plateforme de financement participatif KissKissBankBank : http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/demons-une-iconographie-de-louis-breton

Votre souscription doit nous parvenir en ligne ou sur papier avant le 12 juillet 2015

NB : Les chèques ne seront encaissés que lors de l’envoi en impression de l’ouvrage. Si la souscription n’atteint pas la somme requise à la réalisation du tirage vos règlements via KissKissBankBank vous seront remboursés.

N'hésitez pas à me contacter pour tout renseignement complémentaire !

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vendredi 10 avril 2015

Les Nomades et les accumulateurs

Si vous levez le nez de temps en temps de vos livres pour regarder la télévision, vous avez peut-être pu voir sur vos écrans une publicité pour un nouveau service qui propose la location d’électroménager.

N’importe quoi ! Une télé, un lave-linge ça s’achète, ça ne se loue pas ! C’est notre propriété, notre patrimoine ! C’est nous !

Et pourtant, l’âge où l’on se définissait par rapport à la somme de nos possessions est sans doute en train de toucher à sa fin. Achevé par la crise des sub-primes la société de consommation est mourante (elle ne le sait pas encore) et si l’on croit Jeremy Rifkin nous verrons dans les prochaines années l’avènement d’une nouvelle société, une nouvelle mutation du capitalisme vers une organisation plus collaborative («la nouvelle société du coût marginal zéro »).

Ainsi voyons-nous déjà Blablacar, Autolib, Airbnb, Lokeo… Voilà une société de nomades 3.0 en germe.

Les causes et les conséquences sont multiples, et si le sujet m’intéresse ce n’est pas le propos de ce blog. Par contre la question que je me pose est : Et les bibliophiles dans tout ça ?

Parce qui si il y a bien une population qui aime posséder ce sont les collectionneurs. Le plaisir du bibliophile n’est-il pas de savoir que ce livre précieux est là, sous sa main ?

L’ouvrir ? Certes de temps en temps, plaisir sensuel du papier et de la peau. Le lire ? Sans doute le feuilleter, plaisir intellectuel du texte et des illustrations.

Mais soyons honnête le véritable moteur du collectionneur c’est la possession. Comme le dragon sur son tas d’or, il admire sa bibliothèque parce qu’elle est, et non par ce qu’elle permet.

Cependant est-ce qu’une société nomade permet le collectionneur ? Est-ce que devenir collectionneur est possible quand on a grandi dans un monde où l’on loue ses meubles, son lave-vaisselle et on prête sa voiture au voisin ? S’embêter avec les contraintes de la propriété alors qu’on peut simplement utiliser ?

Il se pourrait bien alors que le nomade de demain regarde une bibliothèque comme on regarde une accumulation d’Arman.

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mardi 10 mars 2015

La Correspondance de Gui Patin, édition en ligne

Je sors ce blog de la torpeur dans laquelle il est tombé pour vous communiquer une nouvelle dont on m'a fait part :

Voici, près de trois siècles et demi après la mort de son auteur, la première édition complète de la correspondance française de Guy Patin (1601-1672), par Loïc Capron, professeur de médecine interne de l’Université Paris Descartes. Elle est accessible en ligne, gratuitement, à l’adresse :

http://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/

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Guy Patin, docteur régent et doyen de la Faculté de médecine de Paris, professeur au Collège royal de France, a laissé 1 017 lettres en français, écrites entre 1630 et sa mort. Il y parle de tout : de médecine et de science, de la politique agitée de son temps, de l’actualité en général, de religion, des livres – sa passion – et de leur commerce, de sa vie personnelle. Ce n’est pas un héros de la science en progrès qui apparaît à la lecture, mais bien plutôt un personnage passéiste, digne d’avoir sans doute servi de modèle au Diafoirus du Malade imaginaire de Molière. Mais à condition d’en bien comprendre le contexte et la portée, les lettres écrites par ce curieux infatigable au long de quatre décennies offrent un point d’observation original et remarquable sur maints aspects de son siècle.

L’édition offerte par Loïc Capron exploite systématiquement ce point d’observation. On y trouvera plus de 16 000 notes explicatives qui donnent les clés pour l’examen critique du contenu. Les personnages, les événements et les idées y sont situés dans leur contexte et donnent souvent lieu à d’importants développements ; d’abondantes citations des textes du temps reconstituent pour le lecteur le concert des voix de cette époque. Les passages en latin (ou parfois en grec) dont les lettres sont truffées sont traduits.

En outre, les lettres sont méthodiquement balisées par un index de plus de 43 000 entrées, qui permet de trouver dans les lettres les mentions de milliers de personnages et de faits. On verra d’ailleurs que cet index original permet au besoin, en cours de lecture, d’identifier presque instantanément ce dont il est question.

Aussi cette édition est-elle bien plus que ce que son titre annonce : c’est une mine creusée au cœur du XVIIe siècle. De note en note, avec une érudition vaste et claire, et avec son œil de médecin passionné d’histoire, Loïc Capron a écrit, pour son plaisir et pour le nôtre, une encyclopédie du monde de Guy Patin.

Un site Web ne permet pas d’évaluer facilement le volume d’un ouvrage. Si l’on imprimait celui-ci, il occuperait 5 400 pages au format A4 !

L’édition de la correspondance française sera suivie dans quelque temps par celle de la correspondance latine de Guy Patin, conservée dans le manuscrit Ms 2007 de la BIU Santé, puis par l’édition des Commentaires de la Faculté de médecine rédigés par Guy Patin (BIU Santé, Ms 13, 1651-1652), toujours par Loïc Capron.

La correspondance et l’apparat critique sont placés par leur auteur sous Licence Creative Commons (BY-NC : réutilisation libre à but non commercial, sous réserve d’attribution correcte).

Né le 6 décembre 1949 à Arras (Pas-de-Calais), Loïc Capron est professeur de médecine interne de l’Université Paris Descartes. Il a cessé ses activités de médecin des hôpitaux en janvier 2012 quand il a été élu pour quatre ans président de la Commission médicale d’établissement de l’Assistance publique-hôpitaux de Paris.

La BIU Santé remercie particulièrement Marie-France Claerebout (Aldine) pour son aide généreuse, constante et toujours avisée ; ainsi que Thomas Houques (société Inovcom) qui a assuré avec talent la transformation de l’énorme fichier de traitement de texte original vers le format de base de données adapté au Web défini par la bibliothèque.

Vidéo : Entrevue avec Loïc Capron

https://www.youtube.com/watch?v=9R6dTJtSUuU&feature=youtu.be

lundi 9 septembre 2013

Bénédiction d'une bibliothèque

Si vous lisez ce blog régulièrement peut être avez vous compris qu'entre ses lignes ne se cache pas de Dieu. Pourtant on est toujours rattrapé par sa part d'irrationnel, surtout quand il est question de livres ! Le texte suivant que je vous propose en guise de rentrée blogesque est une bénédiction trouvée dans un "Rituel des fidèles" des années 1940...

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O Dieu, Maitre des sciences que votre bonté répande sa bénédiction sur cette bibliothèque. Qu'elle soit à l'abri des incendies et de tous autres dangers. Que, de jour en jour, elle s'accroisse convenablement et que tous ceux qui y viennent en raison de leur charge ou de leurs études progressent également dans les sciences divines et humaines, et aussi dans votre amour. Par le Christ notre Seigneur. Amen

NB1: Une fumée noire s'est envolée de mon rayon occultisme...

NB2: Il y a aussi de quoi bénir les maisons, les voitures, les avions, les bestiaux...

lundi 22 juillet 2013

A mon vieux livre : Luisa

Mon premier livre ancien, je ne pourrais le nommer, mais le premier livre ancien que j'ai récupéré/restauré c'est, exactement,un Tableau Chronologique, que contient en plus de la chronologie une méthode pour étudier l'histoire de France, avec le temps nécessaire pour chaque partie et une liste d’œuvres qu'il faut absolument lire - j'ai bien aimé lire ce livre et le remettre en état.
Luisa

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NDLR : Beau travail !

APPEL A TEMOIGNAGES :

Si vous aussi vous voulez présenter votre premier livre, n’hésitez pas à me contacter (contact@naturalibris.fr) et à m’envoyer une photo et un court texte expliquant le pourquoi/comment de l’achat. Le tout sera publié en tant que billet sur ce blog. Merci d'avance pour vos participations !

dimanche 30 juin 2013

A mon vieux livre : René

C'est au tour de René de nous raconter l'histoire de son premier livre ancien :

En ce qui me concerne, il ne s'agit même pas d'une acquisition mais d'un cadeau. Natif d'un petit village de 400 âmes, pas question d'avoir accès à des boutiques de bouquinistes même en rayonnant dans le canton.

Un Abbé aristocrate, dont je tairai le nom, avait hérité du château familial et à son décès les biens furent mis en vente. Un de mes voisins plus ou moins jardinier, concierge, factotum avait été gratifié de tous les reliquats mobiliers de la liquidation, notamment d'un monceau de livres étalés sous les combles - la scène remonte à 60 ans mais je l'ai encore devant les yeux...

J'avais 14 ans et avec ma bicyclette je me suis rendu sur les lieux. J'ai pu faire un choix parmi ces restes peu prestigieux le meilleur ayant été préempté par les héritiers, il s'agissait essentiellement d'ouvrages religieux en latin qui a l'époque ne m'avaient guère intéressé.

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Parmi ma maigre récolte, cette petite chronologie de l'Histoire Ancienne et Moderne dans un modeste cartonnage décoré à la colle ... mais d'époque !

René


(NDLR : Je sais pas vous mais moi je m'imagine très bien la scène, la bicyclette, le vieux château, les combles, le tas de livres abandonné...)

APPEL A TEMOIGNAGES :

Si vous aussi vous voulez présenter votre premier livre, n’hésitez pas à me contacter (contact@naturalibris.fr) et à m’envoyer une photo et un court texte expliquant le pourquoi/comment de l’achat. Le tout sera publié en tant que billet sur ce blog. Merci d'avance pour vos participations !

samedi 29 juin 2013

A mon vieux livre : Bertrand

Aujourd'hui c'est Bertrand qui nous présente sa première acquisition, merci à lui !

Voici mon précieux ...acheté en 1990 ou 1991 (je perds la boule...) sur une brocante, un broché (débroché alors), mais de la librairie des Bibliophiles... Jouaust déjà !
Il s'agit de la réimpression de la toute première édition des lettres de la marquise de Sévigné publiée en 1725 (voir photo page de titre en fac similé)

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Pour la petite histoire cette édition de 1725 (la vraie) en quelques 75 pages seulement, avec quelques fragments de lettres, est introuvable, elle n'est connue qu'à 3 exemplaires tous dans des dépôts publics et sans doute en existe-t-il un ou deux exemplaires dans des bibliothèques privées.

Cette édition de 1725 a été mon Graal pendant plus de 20 ans... j'avoue depuis avoir jeté l'éponge... mais qui sait... le hasard ... et puis c'est quand on ne cherche plus qu'on trouve non ?

J'ai fait relié ce modeste volume (tiré à seulement 350 exemplaires) dans les années 1997-1998 par une amie relieuse, en plein chagrin vert bronze à la Du Seuil. Je n'ai pu m'en séparer depuis lors (même si je n'ai pu m'empêcher d'en acheter plusieurs autres exemplaires brochés...)

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Ah oui, j'oubliais, ce premier achat "Sévigné" me valut une fièvre tierce et une passion de plus de 10 ans pour la marquise et son cousin Bussy... je l'ai dès lors beaucoup collectionné, beaucoup étudiée, ... mais comme tout passe ...

Bertrand


APPEL A TEMOIGNAGES :

Si vous aussi vous voulez présenter votre premier livre, n’hésitez pas à me contacter (contact@naturalibris.fr) et à m’envoyer une photo et un court texte expliquant le pourquoi/comment de l’achat. Le tout sera publié en tant que billet sur ce blog. Merci d'avance pour vos participations !

vendredi 28 juin 2013

A mon vieux livre

Pour ne pas laisser tout le monde sur une note amère et négative avec mon dernier billet, je vous propose aujourd’hui un hommage au premier livre ancien que je me suis payé avec mes sous.

Son premier livre ancien c’est comme un premier amour, c’est souvent un peu raté mais on y pense toujours avec tendresse.

SAFFRAY, Eléments usuels des sciences physiques et naturelles, Paris, Hachette, 1883

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Il s’agit d’un manuel scolaire de sciences physiques et naturelles pour le cours moyen que devaient utiliser les hussards noirs de la république (on est juste après les lois Ferry).

Très richement illustré de gravures sur bois dans le texte, dans son élégante reliure demi-toile, le tout payé 5€ à un bouquiniste lors de la foire des Quinconces à Bordeaux il y a quelques années.

La passion des livres anciens m’habitait déjà, mais de très loin tant cet univers me paraissait inaccessible. Avec ce livre j’ai découvert que l’on pouvait se payer un livre plus que centenaire pour quelques euros.

La passion devient alors dévorante, je découvre les plaisirs de la bibliophilie...jusqu’à ma reconversion en tant que libraire.




APPEL A TEMOIGNAGES :

Si vous aussi vous voulez présenter votre premier livre, n’hésitez pas à me contacter (contact@naturalibris.fr) et à m’envoyer une photo et un court texte expliquant le pourquoi/comment de l’achat. Le tout sera publié en tant que billet sur ce blog. Merci d'avance pour vos participations !

jeudi 16 mai 2013

Sommes-nous à la veille du plus grand des bibliocides ?

Nous vilipendons les bibliophiles et relieurs du XIXème siècle pour avoir rogné sans modération les livres des siècles précédents, pour avoir remplacé des reliures endommagées (parfois d’origine prestigieuses) pour les remplacer par des pastiches en maroquin. Leurs méthodes ne correspondent plus à nos critères de conservation et de restauration.

Toutefois il me semble que les livres anciens sont aujourd’hui soumis à un plus grand danger que la lame du massicot : le choix.

En effet le choix de livres qui s’offre aux bibliophiles du XXIème siècle est sans commune mesure avec celui qu’ils avaient il y a quelques décennies. La tentation est donc grande d’attendre l’exemplaire parfait, le merle blanc, le maroquin signé aux armes avec envoi de l’auteur, gravures dans tous leurs états et ex libris prestigieux.

La rareté est une qualité aujourd’hui bien galvaudée. Les Contes et nouvelles de la Fontaine édition des Fermiers généraux ? Rare ? Vous plaisantez il en passe à la vente au moins un par mois, le plus souvent en maroquin…

Votre libraire préféré vous présente cette petite « rareté » qu’il vient de rentrer ? Un petit tour sur Vialibri vous apprend qu’il y a 14 exemplaires en vente de par le monde ! Et monsieur le libraire qui veut vous vendre un exemplaire décoiffé ?!! Margoulin !

Plus l’offre est large, plus l’exigence est élevée. Cela pousse libraires et bibliophiles à aller vers des livres toujours plus qualitatifs, satisfaction intellectuelle d’aller vers le beau mais piège dont ne sortirons pas les médiocres.

Car il est bien là le problème, le bouquin, le détomé, le décoiffé… personne n’en veut plus. La bibliophilie d’entrée de gamme que constitue la bouquinerie est en train de mourir d’une trop grande offre. Une épidermure ou une mouillure trop large, valent désormais pour une condamnation à l’autodafé. Un feuillet manquant ? Ce n’est plus un livre mais une épave !

Prenons l’exemple d’un des mal-aimés que j’ai sur mes étagères. Il n’a rien pour lui: religiosa écrit en latin, début XIXème, petit format, reliure basane délabrée, rousseurs. Autant dire le bas de l’échelle bibliophilique.

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Proposé à 5€ depuis des mois personne n’en veut. Je peux comprendre, d’aucun me traiterait de fripier de livres ( ;-) ) pour oser mettre ce genre d’ignominie en vente.
Le fait même de montrer cette photo est presque subversif, il est bien connu que les beaux livres ne peuvent côtoyer les moches dans la même boutique !

Beaucoup de confrères résolvent le problème en se débarrassant de telles drouilles à la poubelle. Je connais un bouquiniste qui loue une benne de temps en temps pour vider ses lieux de stockage.
J’ai pour l’instant beaucoup de scrupules à faire de même. Sans doute parce que le stockage ne me coûte rien pour l’instant, mais aussi parce que du haut de cette drouille in-32 deux siècles d’histoire me contemple et me juge.

Oh je ne suis pas blanc-bleu, j’avoue avoir jeté au fond de la corbeille quelques épaves en me cachant de moi-même, mais le livre était au fond de la poubelle et regardait Caïn

Des Solutions ? Il n’y en a pas, qui peut supporter le coût d’une telle restauration pour ce livre ? Personne pas même moi qui travaille à un taux horaire qui ferait rire les Bengalis. Je pourrais refaire les coiffes, mais je ne suis même pas certain que le livre s’en vendrait mieux.

Il faut donc se résigner, le mouvement est inexorable, les bouquins vont disparaitre. Les bibliophiles de demain nous jugeront.

jeudi 25 avril 2013

Pierre Charron, prémices d’une laïcité à la française ?

De Pierre Charron l’histoire retiendra qu’il poursuit la pensée de Montaigne, certains montaignophiles diront même qu’il la trahit. Les deux hommes étaient de proches amis, ils se fréquentent à Bordeaux durant la décennie 1580 alors que Montaigne est maire et que Charron est chanoine-théologal. l’Histoire des littératures parue chez la Pléiade nous dit :

« Il (Montaigne) endoctrine son ami Pierre Charron. Il en fait le dépositaire de ses plus chers secrets. »

Montaigne ira, dans son testament, jusqu’à donner l’autorisation à Charron d’utiliser ses armoiries. Difficile de ne pas imaginer dès lors une filiation philosophique. C’est d’ailleurs un reproche qui sera constant à propos de Charron : il est incapable de penser par lui-même et ne fait qu’emprunter à Montaigne, à Sénèque, à Epicure, à Pyrrhon…

Le père Garasse, jésuite qui au début du XVIIème a fait du démontage des libertins son sacerdoce, dira de lui qu’il est un « Toucan pour n’avoir que le bec et la plume ».

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Pourquoi alors les libertins érudits du XVIIème se réclameront tous de Charron ? La Mothe Le Vayer, Naudé, Saint-Evremond, jusqu’à Bayle ont tous lu De La Sagesse.
Qu’est ce qui fait de ce livre le bréviaire des libertins ?

Je crois que l’on trouve la réponse dans ce passage :

L’autre disposition à la sagesse, qui suit cette première, c’est une pleine, entière, et généreuse liberté d’esprit, qui est double, savoir de jugement et de volonté.

Pour la première du jugement, nous avons déjà assez montré, que c’est faiblesse et sottise niaise de se laisser mener comme des buffles, croire et recevoir toutes impressions ; que les ayant reçues s’y opiniâtrer, condamner le contraire, c’est folie, présomption ; persuader et induire autrui, c’est rage et injuste tyrannie.

Maintenant nous disons et donnons donc une belle et des premières leçons de sagesse, retenir en surséance son jugement, c'est-à-dire soubstenir, contenir, et arrêter son esprit dans les barrières de sa considération, et action d’examiner, juger, poiser toutes choses (c’est sa vraie vie, son exercice perpétuel) sans s’obliger ou s’engager à aucune opinion, sans résoudre ou déterminer, ni se coiffer ou épouser aucune chose.

Ceci ne touche point les vérités divines, que la sagesse éternelle nous a révélées, qu’il faut recevoir avec toute humilité, et soumission, croire et adorer tout simplement : ni aussi les actions externes et communes de la vie, l’observance des loix, coutumes, et ce qui est en usage ordinaire, non enim Deus ista scire, sed tantummodo uti voluit. Car en toutes ces choses il se faut accorder et accommoder avec le commun ; ne rien gâter ou remuer. Il en faut rendre compte à autrui : mais les pensées, opinions, jugements sont tous nôtres et libres.

De la Sagesse (liv. II chap. 2)


Je crois qu’on pourrait disserter pendant des pages et des pages sur l’influence de ce chapitre sur la pensée française du XVIIème siècle. Je me limiterai (chanceux que vous êtes !) à quelques observations :

- On voit comment la pensée sceptique (voir article sur les sceptiques) peut devenir un outil puissant de subversion

- On voit la génèse de ce qui sera la devise de la tétrade : « liberté dans les esprits, docilité dans les gestes »

- De même Descartes puise ici pour le discours de la méthode, dans lequel il démontrera qu’il faut douter de tout…sauf de la religion de son roi et sa nourrice.

Charron sépare le spirituel du temporel et pour la première fois la religion est mise dans le camp du temporel. La sagesse est une affaire personnelle qui peut être envisagée en dehors de toute cadre religieux. Bigre ! On comprend que les dents aient grincées du côté de la Sorbonne !

Il faut bien comprendre que quand ce texte est écrit (EO en 1601), on sort d’un siècle de guerre de religions et que l’édit de Nantes n’a été arraché que quelques années auparavant. Traumatisme dont nous devrions nous souvenir : quand on laisse les religions se confronter sur le bien public, la guerre est inévitable.

La sagesse et la religion sont affaires personnelles et pour le reste « il se faut accorder et accommoder avec le commun ». Bref rendre à César ce qui est à César, et à Rome faire comme les romains. Quelle meilleure définition de la laïcité ?

lundi 22 avril 2013

Lexique Màj 0.4 : Explication de gravures

La mise à jour 0.4 du Petit lexique illustré du bibliophile amateur est disponible à l'adresse : http://www.naturalibris.fr/Lexique.pdf

Cette mise à jour comprend l'ouverture d'un chapitre sur les gravures et illustrations qui était sans doute le plus gros manque du lexique.


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Comme toujours vos commentaires, corrections et avis sont les bienvenus

mardi 9 avril 2013

Conférence sur les éditions Cazin par Jean-Paul Fontaine

La captation de la conférence de Jean-Paul Fontaine donnée à la bibliothèque de Troyes le 28 mars dernier est disponible sur Youtube à l'adresse suivante : http://www.youtube.com/watch?v=Ph6SsZC36ZM

L'enregistrement est artisanal mais a le mérite d'exister! Merci à Jean-Paul d'avoir accepté ce canal de diffusion, espérons que ce type d'enregistrement se systématise!

Pour aller plus loin Cazin, l'éponyme galvaudé est toujours disponible aux éditions Héxaèdre
Attention cependant, ce livre transforme irrémédiablement vos précieux Cazins en Valades (au mieux !).

samedi 6 avril 2013

L'Avantage des machines

Dans la série des textes qui auraient pu être écrits hier, je vous propose ce soir un extrait du Jeune Industriel par Ch. Delattre (1836, Eymery).

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Lorsque nous eûmes parcouru toutes les parties si nombreuses de ce magnifique établissement, frappé du grand nombre d'ouvriers que j'y avais vu, je ne pus m'empêcher de dire à notre cicérone:
- Mais, monsieur, quel avantage y-a-t-il donc dans l'emploi de ces belles machines, s'il faut en outre occuper autant de bras?
Cette question le fit sourire ; nous comptons ici, dit-il, huit cents ouvriers, mais il en faudrait bien dix fois plus pour produire le même nombre de pièce de drap, si nous n'avions pas les machines.
- Et croyez-vous, reprit mon frère Valentin, qu'il y ait pour la classe ouvrière, un intérêt réel dans l'usage qu'on en fait ; ne sont-elles pas pour les travailleurs une concurrence redoutable?
- Le penseriez-vous sérieusement, monsieur?
- Si ce n'est pas mon opinion personnelle, c'est du moins celle d'un grand nombre d'hommes, dont quelques-uns ont de l'ascendant sur l'esprit public.
- Et cependant cette opinion n'est qu'un préjugé.
- Comment le prouverez-vous?
- Par un raisonnement bien simple. Quel est le but que doit se proposer un manufacturier? celui-ci, produire beaucoup, et au meilleur marché possible. S'il y parvient, quel en est le résultat? D'ouvrir un débouché à ses produits par leur bas prix et de se mettre ainsi à même d'augmenter sa production.
Qu'en revient-il à la classe ouvrière? Deux avantages: 1° le manufacturier, malgré ses machines, emploie plus de bras; 2° la classe ouvrière, excitée par la modicité du prix des marchandises, se met au nombre des consommateurs ; partant, double profit : voici pour la théorie économique.
Maintenant permettez-moi des exemples à l'appui. Il y a quarante ans, l'emploi des machines était inconnu dans l'art du drapier. Que coûtaient les draps? Soixante, quatre-vingts, quatre-vingt-dix francs l'aune. Qui pouvait en faire usage? Les riches, les bourgeois et encore souvent ces derniers usaient-ils à peine deux habits dans le cours de leur vie. Pour les ouvriers et les paysans, la toile les couvrait en été comme en hiver. Employait-on alors plus d'ouvriers dans les fabriques de draps qu'aujourd'hui? Bien loin de là, on n'en employait pas la centième partie, et Dieu sait combien elles étaient chétives, les fabriques d'alors.
Aujourd'hui que nous avons des machines, nos plus beaux produits valent vingt-cinq francs, le nombre d'ouvriers a centuplé, toutes les classes sont vétues de drap, toutes consomment, ce qui est dans le bien-être matériel une amélioration immense; le prix des journées de travail est très élevé, l'ouvrier peut avec de l'ordre se créer de l'aisance, et calomnier ceux qui les emploient!

mercredi 27 mars 2013

Le Petit Lexique illustré du bibliophile amateur

Il y a quelques mois j’ai vendu un petit livre dont l’annonce indiquait « mors fendu, premier plat mobile ». La cliente qui me l’avait commandé m’a ensuite avouée qu’elle fut désagréablement surprise à réception dudit livre. Malgré la description correcte de l’état et les photos de l’annonce, elle n’avait pas saisi ce qu’était un mors et un plat ; et sans doute intimidée par un vocabulaire qu’elle ne connaissait pas n’avait pas osé demander. Livre repris, cliente remboursée… mais voilà peut-être une personne perdue pour la bibliophilie.

C’est qu’à force de fréquenter les bibliophiles, lire des livres et des blogs savants, on en oublie peu à peu que l’on utilise un vocabulaire bien particulier qui peut être totalement obscur pour le novice.

Le projet du Petit Lexique du bibliophile amateur a pour but d'ouvrir les portes de la bibliophilie à ceux qui n’en ont pas encore acquis les clés. Ce document n’a pas vocation d’exhaustivité, tant le domaine de la bibliophilie est vaste, mais il devra permettre aux novices de comprendre 90% des annonces présentes sur le marché du livre ancien.

C’est aussi une réaction à la modification profonde du marché du livre dans lequel les bibliophiles auront de moins en moins la possibilité de toucher le livre avant de l’acquérir. Il est donc primordial que tous les acteurs du livre parlent le même langage.

Le parti pris est de minimiser au maximum le texte et de proposer un maximum d’illustrations. D’avoir un document court, didactique, facilement compulsable, pas une bible, pas de tabous ! (reliures à défauts, ebay, travers du milieu…). De ne pas oublier le public visé : le bibliophile débutant. J’ai donc éludé tous les débats un peu technique, les reliures à la cire, les dorures au petit point du Gascon…

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A télécharger gratuitement ici : http://www.naturalibris.fr/lexique.pdf

Gratuit mais pas libre de droit

Ce document est GRATUIT mais placé sous licence CREATIVE COMMONS BY-NC-SA 3.0 FR Ce qui implique que vous êtes libre de partager, reproduire, distribuer et communiquer l’œuvre, remixer, et adapter l’œuvre. Par contre vous devez attribuer l’œuvre de la manière indiquée par les auteurs ou les titulaires des droits (mais pas d’une manière qui suggérerait qu’ils vous approuvent, vous ou votre utilisation de l’œuvre). Vous n’avez pas le droit d’utiliser cette œuvre à des fins commerciales. Si vous modifiez, transformez ou adaptez cette œuvre, vous n’avez le droit de distribuer votre création que sous une licence identique ou similaire à celle-ci. Pour plus de renseignement rendez vous sur : http://creativecommons.fr

Ce qui veut dire en français :

- Pour les particuliers et les institutions publiques : Vous pouvez utiliser tout ou partie de ce document comme bon vous semble pour votre communication tant que vous en citez la source et bien sûr que vous n’en tiriez pas profit pécunier

- Pour les professionnels : Cette licence excluant les usages commerciaux elle vous exclue de l’utilisation de ce document pour votre communication. Le but est de vous encourager à devenir partenaire du projet (voir plus bas)

Un projet à visée collaborative

L’idée est de profiter de l’expérience de tous, bibliophiles, libraires, relieurs, bibliothécaires… pour réaliser le document le plus juste et le plus pertinent possible. Il faut considérer le fichier actuel comme une base de travail qui sera actualisé au fur et à mesure des contributions.

Deux façons de participer au projet :

- Devenir contributeur : soit co-auteur du document en me transmettant photos, textes, corrections que vous pensez être pertinent ou en participant à l’élaboration des versions futures. Votre nom figurera dans la liste des contributeurs. Important, veuillez vous assurer que vous possédez les droits des photos que vous me transmettrez.Pour les professionnels en devenant co-auteur et donc co-titulaire des droits, cela vous autorise de facto à utiliser tout ou partie du document pour votre communication (toujours soumis à paternité). En tant que contributeur vous devenez automatiquement partenaire de l’opération.

- Devenir partenaire : pour les professionnels et bloggers. En vous associant au projet votre logo et un lien vers votre site sera ajouté à la page des partenaires, et vous gagnez le droit d’utiliser ce document pour votre communication. En échange vous vous engagez à diffuser sur votre site ou dans vos annonces un lien vers le document original, ou en cas de ré-hébergement de toujours diffuser la dernière version en vigueur. La raison étant que je pense que ce document n’a un intérêt que si il sort du petit cercle déjà très savant de la blogosphère bibliophile.

Tout ça est un peu formel mais en étant clair dès le départ ça évitera les ennuis si le projet prend de l’ampleur. :)

Evolution


Le document actuel est une ébauche, en version béta : 0,1b
réalisé avec mes connaissances de petit libraire et les photos que j’avais en stock.

Il aborde déjà pas mal de notions et ne comporte pas trop d’erreurs il me semble. Je pense qu’il peut être diffusé tel quel, mais très vite devront arriver les corrections pour les défauts suivants :

- Ajout d’une ou deux pages sur les gravures

- Les décorations du papier : marbrures…

- Guide de bonne pratique d’achat ( ?)

- Photos plus pertinentes (envoi, mosaïque)

- … à vous de me dire.

Dans tous les cas, le lien suivant : http://www.naturalibris.fr/lexique.pdf reprendra toujours la dernière version en vigueur et vous serez informés des mises à jour sur ce blog.

Voilà je lance le bébé en attendant de voir où il retombe, et si je suis tout seul au moins je m’amuse bien :)




02/04/2013 : Mise à jour 0.2 :

- Les librairies Ivres de livres et Daniel Bayard rejoignent l'aventure !

Corrections mineures :
- Indication de vue (p.2)

- Modification au sujet des feuillets/pages non numérotés (p.9)

- Ajout du synonyme "coupe" pour les chants des plats (p.3)

- Modification de la qualification des rousseurs (p.14)

- Modification des références BNF (p.15)

- Ajouts de liens utiles (p.18)

03/04/2013 : Mise à jour 0.3 :

- Mise en place d'un glossaire français-anglais!

vendredi 15 mars 2013

La Police de Daniel Elzevier

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lundi 4 mars 2013

Les Sceptiques : de Pyrrhon à Descartes

Pyrrhon (360 – 275 av. J.C.) est un philosophe grec fondateur de la pensée sceptique . Né à Elis dans le Péloponnèse, il fut peintre avant de suivre les enseignements philosophiques d’Euclide de Mégare puis d’Anaxarque avec lequel il participa aux conquêtes d’Alexandre le Grand en Inde.

Je m’attarde un instant sur le personnage d’Anaxarque, philosophe qui avait les faveurs d’Alexandre et qui avait la particularité d’avoir suivi à la fois les enseignements de l’école de Démocrite (comme lui originaire d’Abdère) et celle de Pythagore (à travers Philolaos de Crotone).
Un philosophe qui était donc bien au fait des querelles philosophiques entre matérialistes et idéalistes et que l’on qualifiera de philosophe opportuniste, piochant ce qui l’arrangeait dans ces différentes théories.

Anaxarque eût une mort digne d’un martyre chrétien : s’étant un jour attiré l’inimitié du roi Nicocréon de Chypre celui-ci le fit capturer et condamné au pilon (oui oui, comme l’aïoli). L’Histoire retiendra cette phrase lancée du fond du mortier : « Broie donc, broie donc le sac qui enveloppe Anaxarque, tu ne broieras pas Anaxarque ! »

Bien avant de finir mortierisé, Anaxarque est un proche d’Alexandre et il le suit dans ses conquêtes d’Asie avec son élève Pyrrhon. En Inde, ils rencontrent les Gymnosophistes, étymologiquement les « sages nus » (ou sages qui font de la gym, ça fonctionne aussi) et tirent enseignement de leur philosophie.
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En Perse, tout comme Démocrite, ils rencontrent les Mages qui les initient à l’astrologie.
Pyrrhon a donc été en contact avec toutes les pensées philosophiques comptant à son époque et c’est en faisant la compilation que nait la pensée sceptique :

« Après s’être instruit à fond de toutes leurs opinions, il ne trouva rien qui pût le contenter ; il lui parut que toutes choses étaient incompréhensibles, ; que la vérité était caché dans le fond d’un abîme, et qu’il n’y avait rien de plus raisonnable que de douter de tout, et ne jamais décider.

Il disait que tous les hommes réglaient leur vie sur de certaines opinions reçues, que chacun ne faisait rien que par habitude, et qu’on examinait chaque chose par rapport aux lois et aux coutumes établies dans chaque pays, mais qu’on ne savait point si ces lois-là étaient bonnes ou mauvaises. »(1)

Puisque le doute doit être universel, aucun jugement n’est possible. C’est précisément le but de la philosophie sceptique, atteindre la suspension du jugement, état nommé en grec l’ Epochè (prononcer épokè) qui doit permettre l’Ataraxie (= absence de troubles) qui est l’idée du bonheur chez les grecs.

Pyrrhon et la philosophie sceptique connurent un succès immédiat :

« Les Athéniens le firent citoyen de leur ville. Epicure aimait fort sa conversation, et ne pouvait se lasser d’admirer sa manière de vivre. Tout le monde le regardait comme un homme véritablement libre, et exempt de toutes sortes de troubles, de vanité, et de superstitions.(1) »

La philosophie sceptique s’éteindra peu à peu avec l’époque hellénistique malgré les contributions de nombreux penseurs tels Sextus Empiricus (vers 190 av. JC.). Eclipsée sans doute par le stoïcisme et le platonisme que préféreront les Romains puis les Chrétiens.

La Renaissance par contre s’accordera bien avec la pensée sceptique. Le doute pyrrhonien est redécouvert et constitue un outil puissant pour remettre en cause les dogmes médiévaux. Le scepticisme se diffuse parmi les érudits européens et infusera à travers Montaigne toute la pensée française du début du XVIIème siècle.

Il faut alors se souvenir que Montaigne prend comme devise : « Que sais-je ? ». Charron fait graver sur le linteau de sa porte d’entrée : « Je ne sais ». La Mothe le Vayer, l’heureux héritier de la bibliothèque de Montaigne, laissera de nombreux traités sceptique qui réactualisent alorsla pensée pyrrhonienne. Et bien évidemment Descartes avec son doute méthodique.

Fénelon nous rappelle sur les sceptiques antiques :

« Comme ils ne connaissaient aucune vérité, ils bannissaient toutes sortes de démonstrations ; car disaient-ils, toute démonstration doit être fondée sur quelque chose de clair et d’évident, qui n’ait aucun besoin de preuve.

Or il n’y a rien dans le monde qui soit de cette nature, puisque quand les choses nous sembleraient évidentes, nous serions toujours obligés de montrer la vérité de la raison qui fait que nous les croyons telles.(1) »

Descartes répondra à Pyrrhon dans le Discours de la méthode. Il y a bien quelque chose dans le monde qui soit de cette nature, propre à servir de fondation de toute démonstration : Cogito ergo sum.



(1) Fénelon "Abrégé de la vie des plus illustres philosophes de l'antiquité"

mercredi 6 février 2013

Deux ou trois ?

Alors que l'on s'écharpe depuis quelques semaines sur le droit à l'enfant, je ne peux qu'imaginer la surprise que ces débats susciterait chez un Montaigne qui écrivait à propos des enfants:

"J'en ai perdu, mais en nourrice, deux ou trois, sinon sans regret, au moins sans fascherie."
Les Essais (I, XIV)

Lutter pour le droit d'être une nourrice ? O tempora, o mores... ;-)

lundi 4 février 2013

Toute ressemblance...

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Peu à peu le nombre des bibliophiles s’étant accru, et les desiderata ne portant toujours que sur les beaux et bons livres des trois siècles passés, il en est résulté une plus grande rareté de ces ouvrages et une hausse dans leur prix.

Là comme à la Bourse et comme partout où il s'agit de mouvement ascensionnel des prix d'objets quelconques, ou de valeurs financières, la spéculation est venue pour profiter du mouvement, que les libraires ne pouvaient qu'encourager dans leur intérêt. Les spéculateurs ont réussi pendant quelques années à maintenir et à accentuer la hausse, qui est arrivée jusqu'à l'exagération. Le goût des livres n'était plus dès lors une satisfaction douce et calme comme autrefois, c'était une véritable névrose.

Or, comme les névroses, surtout celles qui affectent le cerveau, se résolvent par une catastrophe finale ou un ramollissement du système intellectuel, la spéculation sur les livres devait elle-même avoir une mauvaise fin. C'est ce qui est arrivé ; une baisse importante s'est produite en quelques mois, et a atteint en général les ouvrages surfaits.

Autre motif : les financiers qui s'étaient mis à acheter des livres ont tous été plus ou moins atteints, soit directement par le krach financier, soit par ses conséquences, et leur retraite immédiate comme acheteurs de livres a encore fait accentuer la baisse.

Mais pendant que les grands acheteurs faisaient « des folies sur les livres anciens, des bibliophiles plus modestes, de jeunes amateurs, suivant la mode du jour ou suivant leurs goûts, s'étaient mis à acheter aussi, et, ne pouvant ou n'osant encore aborder les volumes cotés très haut à la « bourse des livres », avaient songé à collectionner des ouvrages modernes, qui étaient encore à bon marché quoiqu'ils fussent intéressants.

C'est alors que quelques libraires intelligents et encore peu lancés eux-mêmes, parce qu'ils avaient moins d'argent que les gros matadors de la librairie, ont eu l'idée d'encourager chez les jeunes amateurs ce goût des livres modernes. Ils se sont chargés de faire sortir les plus beaux et les plus intéressants d'entre ces derniers des recoins ou des bibliothèques de province où ils avaient été oubliés.

Jules Le Petit, « L'art d'aimer les livres et de les connaître : lettres à un jeune bibliophile. » Paris, 1884

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